Lendemains de fête : Comment éviter le pire

Passer le réveillon en famille ou avec des amis, s’amuser, oublier pour un soir régimes et contraintes! Au diable les règles sacro-saintes de la diététique, ce n’est pas tous les jours Noël! «Oui, mais», les lendemains de fête sont aussi une réalité et bien souvent, ce sont des lendemains qui déchantent, assombrissant les bons souvenirs de la veille. Bien sûr, vous pouvez festoyer avec insouciance et vous soigner plus tard. Cependant, s’ils vous reste encore un brin de sagesse, écoutez et si possible suivez ces quelques conseils. Ils sont la preuve que santé et gastronomie peuvent faire bon ménage et qu’un menu de réveillon «diététique» n’est pas une aberration.

Lendemains de fêtes

Commençons par les boissons, l’élément le plus épineux! Tout d’abord l’apéritif ne doit pas être servi trop longtemps avant le repas, car il agit d’autant plus qu’on reste ensuite plus longtemps à jeun. N’en bousculez pas pour autant vos convives, car tout apéritif est plus toxique absorbé rapidement, que dégusté à petite gorgées. Et puis grignotez quelques petits amuse-gueule avant de commencer à le boire: ils limitent l’action acide et irritante de l’alcool. Rappelez-vous également que le mélange des vins est très mauvais. Plutôt qu’un bordeaux et un bourgogne, prévoyez deux bordeaux, un blanc sec et un rouge, puis du champagne ensuite. Par contre, les vins blancs, diurétiques, aident à éliminer mais ils sont facilement irritants pour les muqueuses digestives. Si vous les servez avec des huîtres, mangez en même temps assez de tartines de pain de seigle beurré, pour le «tamponner». Enfin ne prenez pas de digestif aussitôt après le champagne. Laissez à votre organisme le temps d’assimiler l’alcool déjà absorbé, au moins une demi-heure. Entre-temps, servez le café ou une tisane, menthe poivrée ou verveine très chaude.

Evitez le «trou normand»

Les médecins la préfèrent d’ailleurs au café pour faciliter la digestion. Mais n’en absorbez pas trop, une petite tasse suffira car l’estomac est déjà bien chargé. Par contre, si la légende est belle, la réalité l’est moins: le «trou normand» est fortement déconseillé. Certes, un verre d’alcool bu au milieu du repas redonne un second souffle à l’appétit et au goût, car il agit en hâtant l’ouverture du pylore, qui fait communiquer intestin et estomac. Mais sucres et graisses, insuffisamment «travaillés» par l’estomac, ne font que «changer d’étage». Dans l’intestin, leur digestion sera plus difficile et en outre vous aurez consommé encore plus d’alcool. Enfin le lendemain, ne jeûnez pas. Si l’on peut oser la Comparaison, jeûner périodiquement pour reposer l’organisme, n’est pas plus logique que de. ne pas mettre d’essence dans sa voiture un ou deux jours par mois. On a besoin d’un apport d’énergie dès que l’on observe une activité normale. Buvez beaucoup de bouillons, tisanes ou tout simplement de l’eau, mais mangez aussi une grillade, des légumes verts, des fruits ou une compote.

Le repas

Après le problème des boissons, venons-en à l’essentiel, le repas. En fait, il n’y a rien de plus sain, ni à la limite de plus «régime» que les aliments composant en général les menus de fête. Si ce n’était leurs prix prohibitifs, 011 pourrait sans remords diététique en faire son ordinaire.

Quand on les digère mal, c’est qu’on en mange trop, qu’on les prépare de façon indigeste ou qu’on les arrose trop généreusement. Accommodés simplement, ce qui respecte leur saveur, aucun n’est nocif. Boudin, cailles, grives, dinde, caviar, huîtres ou saumon ont des valeurs nutritives certaines, les bûches glacées ou encore mieux les sorbets, stimulent les contractions et les sécrétions de l’estomac. Le principal est donc de ne pas abuser de toutes ces nourritures et de ne pas les rendre indigestes en leur ajoutant des garnitures trop riches. La liste de ces mets raffinés et conseillés peut être complétée avec les fruits de mer, les truites, le homard, la langouste et le foie gras et, malgré tout ce que vous pourriez croire, vous concilierez gastronomie et santé.

La manière écossaise

Cependant, si la sagesse n’est pas votre fort, que vous préfériez déguster une dinde avec- une orgie de marrons ou que vous arrosiez plus que copieusement vos plats de sauces ou d’alcools divers, il faudra, faute de prévention, faire de la thérapeuthique. Après les folles agapes vient le temps du régime, ou celui des remèdes de choc. A travers les âges et les traditions, on retrouve des recettes miracles destinées à remettre d’aplomb n’importe quel estomac ou foie. Ainsi les Ecossais, qui sont de fins connaisseurs en la matière, prescrivent une mixture composée de deux cuillerées de sauce anglaise, d’un jaune d’œuf, saupoudré de poivre rouge, de sel et de deux cuillerées à café de vinaigre de vin. Si vous préférez les traditions soviétiques, ingurgitez alors une bonne dose de vodka, coupée d’un jus d’orange en mangeant en même temps une quantité de concombres salés. Quant aux Tchèques, ils préfèrent un café noir très fort et très sucré, relevé d’un jus de citron. On pourrait ainsi faire un tour du monde de la potion magique après festin, mais, en les lisant, on se demande souvent si de les avaler ne va pas nous achever définitivement. Il serait alors plus sage, si vous ne vous sentez pas d’attaque pour supporter de telles médecines, d’en revenir à plus de classicisme ou à nos recettes de grand-mère.

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